A l’heure où se déroulent les discussions autour du Grenelle de la mer, je vous conseille, si vous ne l’avez pas déjà lu, le dernier livre d’Erik Orsenna « L’avenir de l’eau » (le livre est paru en octobre 2008 chez Fayard).
Pour le deuxième volet de son « Petit précis de mondialisation » (le premier traitait du coton), Erik Orsenna s’est transformé en « Tintin – globetrotteur » et a parcouru le monde pendant deux années pour se plonger dans le problème de la gestion de l’eau à l’échelle planétaire, et tenter de répondre à la question : » Dans dix ans, dans vingt ans, aurons-nous assez d’eau ? Assez d’eau pour boire ? Assez d’eau pour faire pousser les plantes ? Assez d’eau pour éviter qu’à toutes les raisons de faire la guerre s’ajoute celle du manque d’eau ? »
Au cours de ses multiples rencontres, Erik Orsenna porte un regard à la fois optimiste mais aussi inquiet sur la planète et met en évidence l’extrême valeur de l’eau, le lien étroit entre préservation de la nature et qualité de l’eau, le caractère nécessairement local des solutions à trouver pour approvisionner en eau les populations de plus en plus citadines, un progrès planétaire étant le résultat de l’addition de progrès locaux.
Dans tous les cas, la gestion de l’eau implique une répartition juste, démocratique, de cette ressource que l’on considère trop souvent comme gratuite, alors même que son traitement et sa distribution ont un coût. « Mais répartir l’eau avec justice impose un préalable : connaître la consommation de chacun ». Suivre sa consommation permet de mieux prendre conscience de la valeur de l’eau. Et s’il est vrai « qu’une moindre consommation au Canada ne sera d’aucune aide pour le Maghreb », les stratégies d’économie, de recyclage, et d’assainissement sont partout les stratégies gagnantes, trop souvent négligées au profit de solutions plus visibles et plus médiatiques comme la construction de grandes installations (barrages…).
Le regard neuf, curieux, le style très agréable d’Erik Orsenna contribue à cette prise de conscience qu’il est vital de préserver les ressources naturelles en particulier par une consommation plus économe.
